Le storyboard UX : optimiser l’expérience en dessinant l’utilisateur

Les manières d’inventer un design, de concevoir une expérience, sont multiples et diffèrent beaucoup selon les manières de travailler de l’UX designer. Dans une agence UX comme Lemon Interactive, nous priorisons la diversification des méthodes pour arriver au meilleur résultat. Ciblage par persona, observations par focus group, mais aussi compréhension des utilisateurs par storyboard. Comment utiliser cet outil du cinéma dans un contexte UX ?

Comprendre les différentes expériences possibles avec un produit

Comme dans tout art visuel, avant de se lancer directement dans la création UX, il y a un travail de “mise en scène”. Il s’agit d’imaginer ce qu’on va faire avant de se lancer à corps perdu dans la conception pure. Le storyboard sert normalement à créer cela : à travers des cases numérotées, on dessine et écrit ce qu’on veut réaliser avant de le faire.

Cependant en UX, l’usage est un peu différent. Il n’est pas question de penser à ce que l’expert UX va réaliser, mais plutôt les possibilités d’interactions entre l’utilisateur et le produit ou système. Le principe est de raconter l’histoire d’un utilisateur comme un personnage : comment tomberait-il sur tel site ? Pourquoi cliquerait-il sur tel produit ? Quel usage aurait-il de tel service ? Le storyboard synthétise en dessins les besoins de l’utilisateur et quelle serait la solution à son problème.

Concevoir son storyboard par étape

Image d'un crayon posé sur un papier

Pour faire un storyboard UX, il est important de le penser exactement comme on présenterait une histoire classique. Il y a d’abord une situation de départ, par exemple : “un utilisateur cherche un produit nettoyant pour sa moto”. Puis une situation de résolution comme : “l’utilisateur achète son nettoyant sur Scooteo”. Entre les deux, il faut comprendre quelle solution apporte ce qu’on promeut et quelle a été l’expérience donnée à l’utilisateur pour qu’il finisse par adhérer, utiliser ou acheter le produit ou service.

De même, il faut aussi éviter de se lancer dans l’illustration de l’intégralité d’une bande dessinée. On privilégiera du storyboarding court, 6 cases idéalement, et surtout la réalisation de plusieurs d’entre eux, avec divers cas d’utilisateurs. Il est nécessaire de montrer diverses expériences utilisateur, avec éventuellement plusieurs cibles selon le produit.

Avoir une idée de l’utilisation, pas du design

Il ne faut pas dévier de l’intérêt principal du storyboard en UX : représenter des scénarios d’usage sous forme de courts récits illustrés. Il n’est donc absolument pas question de montrer des éléments de design (images, applications, vidéo…), de faire un wireframe et encore moins une maquette. Le storyboard est un outil qui raconte une expérience utilisateur, il n’a pas de valeur visuelle.

De plus, le point à souligner est qu’on parle bel et bien de dessin en storyboard. Il faut sortir son papier et son crayon et ne pas hésiter à y aller ! Mal dessiner n’est pas un défaut dans un contexte où le design ne compte pas. Seule la bonne explication de l’expérience compte, peu importe le temps que cela peut prendre.

Il faut sortir son papier et son crayon et ne pas hésiter à y aller !

Partager en équipe toutes les séquences du projet UX

Image d'un meeting de personnes autour d'un storyboard

Le storyboard rentre aussi dans une logique inspirée du Design Sprint : il peut être, voire doit être, travaillé et présenté en commun. L’intérêt étant que chaque acteur du projet puisse avoir conscience de comment est utilisé le produit ou service, quel est son objectif avec lui, ses motivations et interactions. En résumé, quel est le ou les problème(s) qu’il peut rencontrer pour arriver à ses fins.

La création de storyboards correctement travaillés est un outil parfait d’UX research : il donne à l’équipe les clés pour comprendre la cible, l’utilisateur. Étant en plus de cela visuel, il peut rappeler au fil du projet quel est le ou les problème(s) sans avoir à les lire. Ils sont directement sous les yeux, et en dessins, de celui qui regarde.

Pour entièrement assimiler l’importance de l’utilisateur dans un processus UX, le storyboard est l’exemple idéal. En mettant en scène les utilisateurs avec des dessins, on prend pour objectif de mieux comprendre leur expérience. En faisant plusieurs storyboards, courts et clairs, on aide à la compréhension du projet. A la fois pour toute l’équipe impliquée à l’agence et pour le client. Dessiner c’est raconter et surtout, un moyen efficace de traduire l’expérience de chacun d’entre nous avec un produit.